Onfray serait raciste? Frontiste?

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Un nombre incalculable de médias se délectent d’amalgamer Michel Onfray aux idées frontistes, à Zemmour ou encore Finkielkraut sous prétexte qu’Onfray est souverainiste et contre l’Europe que l’on a actuellement.
Effectivement comme le dit Onfray il y a des questions ou des choses que l’on ne peut pas dire. Être contre l’Europe? #FN
Voici un screenshot d’un commentaire pris sur un blog du nouvel obs qui donne à réfléchir un peu plus rigoureusement que nos pathétiques médias :

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Je me permets de copier/coller ici l’article qui a suscité cette réaction éclairée et qui narrait le clash Onfray/Fabriqueurs du consentement chez Ruquier Samedi Soir.

 

Le déboulonneur d’idoles le plus populaire de France a encore frappé et, samedi soir, ce sont deux apôtres du cirque médiatico-journalistique qu’il a crucifiés. Plus exactement, il a intellectuellement humilié Yann Moix et Léa Salamé. Rendus humbles, conscients de leur faiblesse et mortifiés, ils sont devenus plus sophistes que jamais. Léa Salamé, déboussolée, s’est raccrochée à des interviews tronquées et Yann Moix, d’habitude si brillant et si prolixe, a aboyé. Ce dernier a d’ailleurs été bien inspiré de mentionner « Le Radeau de la Méduse » et sa troublante prescience concernant les migrants : il illustrait aussi, malgré lui, le naufrage de la bien-pensance médusée de deux chroniqueurs perdant pied.

Léa Salamé, le Florent Pagny des journalistes

A la télévision, les approximations sont légion et les petites phrases, reines. Ainsi, Sa Majesté Salamé, adoubée par toute la seigneurie des médias de Paris, a une conception faussée de l’interview politique. Elle attaque, farouche, pour faire montre, toujours, de sa liberté de penser. Elle est le Florent Pagny des journalistes.

Le but n’est certainement pas de démolir celle qui, après avoir répondu très sèchement à la sublime mais pathétiquement robotique Ophélie Meunier dans « Le Tube », révélait la semaine passée qu’elle n’avait pas confiance en elle. Pourtant, s’intéresser au bon fonctionnement d’une république et d’une démocratie passe forcément par une auscultation de ses poumons devenus cœur : ses médias. D’où vient donc la légitimité de ceux qui donnent des leçons devant et à des millions de téléspectateurs ? Voilà une vraie question qu’on aimerait (lui) poser sans agressivité. Interrogation d’autant plus pressante que l’acolyte de Patrick Cohen le matin sur France Inter semble obnubilée par les raccourcis.

Elle voulait qu’Onfray lui dise : « Oui, je vote Marine Le Pen ». Elle tendait des pièges, guettait et, affairée, n’écoutait pas. Le philosophe est pourtant clair : les réponses aux questions complexes et urgentes sont forcément tortueuses. Quoi qu’elle en pense, il ne s’agit ni de se défausser ni de mentir. Mais de prendre le temps d’expliquer. Sa grille de lecture, étriquée et obscure, est très souvent exprimée de la façon suivante : « [Nom de l’invité qu’elle espère chahuter pour prouver au monde et à elle-même qu’elle est libre, pugnace et légitime], est-ce que OUI ou NON… ? » Triste binarité d’une pensée Facebook où le simple étalon est un morne et unique like.

Approximations et déformations

Le « ça vous fait jouir » de Michel Onfray à son égard était bien moins misogyne que philosophique : de toute évidence, elle éprouve un vif plaisir lorsqu’elle débusque, pense-t-elle, le paradoxe ou le scandale. On la sent prête à bondir lorsqu’elle demande, déjà indignée, « qu’entendez-vous par “politique islamophile” ? » N’est pas Edward Snowden qui veut… L’enjeu est autre : montrer, longuement et par circonvolutions nécessaires, que la question des migrants n’est pas qu’émotionnelle mais économique et géopolitique. Léa Salamé, comme n’importe quel journaliste en réalité, devrait avoir moins peur de Marine Le Pen que des amalgames. Son extrait audio d’une interview de Michel Onfray, biaisé et mutilé, où la question a été oblitérée pour mieux lui faire dire son contraire, est très symptomatique.

Tout comme les approximations d’Emilie Frèche, la romancière d’« Un Homme dangereux », présente sur le plateau et qui, trop occupée à admirer les pervers, a multiplié les confusions lors de ses questions au philosophe fils de paysan. Avoir écrit un roman à clef sans vouloir l’avouer a peut-être abîmé sa notion de vérité, aussi romanesque fût-elle…

Même constat pour Léa Salamé : depuis quand une interview dans le Figaro ne déforme pas les propos ? Et « truquable » ne veut pas dire « truqué » : « Jamais une erreur les mots ne mentent pas » écrivait Eluard. Elle qui ne peut s’empêcher de dire « pardonnez-moi, mais… » toutes les six phrases a tout simplement été atomisée.

D’où parlez-vous, Yann Moix ?

Onfray est d’une intelligence rare et stellaire. Son vrai cosmos, c’est le respect du verbe. Enfin quelqu’un qui agit et refuse le pouvoir. Peut-on trouver aujourd’hui un homme plus inspirant ? Ce qui fait de l’homme un vrai rebelle est son refus du pouvoir politique. Il a lu, lui, « La République » de Platon et a bien compris, comme Rousseau, que ce « n’est point un ouvrage de politique comme le pensent ceux qui ne jugent des livres que par leur titre : c’est le plus beau traité d’éducation qu’on ait jamais fait. »

Onfray pense, comme Nietzsche, qu’un système de pensée est toujours d’abord l’expression d’une singularité propre dont il convient de connaître les limites physiques pour en sonder la véritable portée intellectuelle. Voilà pourquoi il était bien inspiré de signaler que Moix, romancier hors pair, subtil et lumineux, était un mondain. Il fallait éclaircir, en bon philosophe, d’où parlait Yann Moix pour parfaitement le comprendre : de chez Grasset, l’épicentre germanopratin d’un discours idéologique à grand tirage.

Et lorsqu’Onfray (re)dit qu’il n’a pas voulu jouer le rôle du chroniqueur du samedi soir pour ne pas s’arroger une part du pouvoir, il pique au vif un Yann Moix qui, horrifié de se savoir second choix, multiplie les invectives en oubliant qu’il est grassement payé pour dialoguer. Et non confisquer une parole qui le castre en oblitérant son unicité, qu’il a désespérément bâtie de mégalomanies littéraires en films iconoclastes. Tant que son ego est blessé, malheureusement, les migrants restent dans les limbes.

Voici la véritable leçon d’Onfray : pour changer les gens, les choses et donc le monde, il faut, d’une façon ou d’une autre, enseigner. Etymologiquement signaler, désigner. Pointer du doigt non pour mettre à l’index mais pour montrer la voie. Pour qu’enfin arrive, par un art de jouir intellectuel et un souci du plaisir puissant et hédoniste, rebelle et libertaire, le crépuscule des idiots.

 

 

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