« Il y a mieux à faire, que faire des enfants! »

« Je n’aurais pas fait d’enfant. Il y a mieux à faire que de faire des enfants !
Soit on les dresse à être des philosophes et ils sont malheureux, soit on les dresse à être comme Jacques Séguéla et on n’est pas un père heureux ! »

Michel Onfray.

PS : je suis assez d’accord avec lui, soit on essaye d’en faire des gens bien, et ils seront malheureux (comme leurs parents) dans ce monde purulent d’injustice et mené par l’intérêt personnel. Soit on en fait des bêtes de combat social, des culturo-mondains, biens vils et sans scrupules, aptes à jouir de ce monde pourri qu’est la Comédie Humaine, et on ne sera pas fier de sa progéniture …

NB : voir ce blog extraordinaire de citations antinatalistes de Onfray, http://onfray-citations-antinatalistes.blogspot.fr/

Exemples :

Je ne saurais assez préciser combien il faut effectivement ne pas vraiment aimer sa progéniture pour la destiner au monde tel qu’il fonctionne avec ses hypocrisies, ses fourberies, ses mensonges, sa négativité, avec son cortège de douleurs, de peines, de souffrances et de maux.

L’éducation n’est pas l’élevage – ce que supposent ceux qui parlent d’élever des enfants. Mais l’attention de chaque instant, de chaque moment. Le dressage neuronal nécessaire à la construction d’un être ne tolère pas une seule minute d’inattention. On détruit un être avec un silence, une réponse différée, une négligence, un soupir, sans s’en apercevoir, fatigué par la vie quotidienne, incapable de voir que l’essentiel pour l’être en formation se joue non pas de temps en temps mais en permanence, sans répit.

La possibilité physiologique de concevoir un enfant n’oblige pas au passage à l’acte – tout comme le pouvoir de tuer ne génère en rien le devoir d’accomplir un homicide. Si la nature dit : « Vous pouvez. », la culture n’ajoute pas forcément : « Donc vous devez. » Car on peut soumettre ses pulsions, ses instincts et ses envies à la grille analytique de la raison.

Qui trouve le réel assez désirable pour initier son fils ou sa fille à l’inéluctabilité de la mort, à la fausseté des relations entre les hommes, à l’intérêt qui mène le monde, à l’obligation du travail salarié, presque toujours pénible et forcé, sinon à la précarité et au chômage ?

Pourquoi faire des enfants ? Au nom de quoi ? Pour en faire quoi ? Quelle légitimité a-t-on pour faire surgir du néant un être auquel on ne propose, in fine, qu’un bref passage sur cette planète avant retour vers le néant dont il provient ?

Engendrer relève pour beaucoup d’un acte naturel, d’une logique de l’espèce à laquelle on obéit aveuglément alors que pareille opération métaphysiquement et réellement lourde devrait obéir à un choix raisonnable, rationnel, informé.

Seul le célibataire aimant supérieurement les enfants voit plus loin que le bout de son nez et mesure les conséquences à infliger la peine de vie à un non-être.

Est-elle si extraordinaire, joyeuse, heureuse, ludique, désirable, facile la vie qu’on en fasse cadeau à des petits d’homme ? Faut-il aimer l’entropie, la souffrance, la douleur, la mort qu’on offre tout de même ce tragique paquet-cadeau ontologique ?

L’enfant qui n’a rien demandé a le droit à tout, surtout à ce qu’on s’occupe de lui totalement, absolument.

L’engendrement agit en nouveau piège pour empêcher l’éros léger et condamner à la lourdeur d’une érotique au service de plus qu’elle, à savoir la société.

Il n’y a pas, comme je l’entends souvent, une alternative qui oppose l’égoïsme des refuseurs d’enfants à la générosité partageuse des couples tout entiers dans l’abnégation, mais des êtres qui trouvent leur intérêt, de part et d’autre, à agir comme ils le font. L’égoïsme de géniteurs qui suivent leur pente vaut bien l’égoïsme de qui choisit la stérilité volontaire. Je crois pourtant que seul un réel amour des enfants dispense d’en faire…

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19 Comments

  • Bonsoir Samuel, une nouvelle fois, je ne peux qu’approuver les propos judicieux de Michel Onfray et bien qu’étant maman (j’en ai désiré qu’un) au vu de notre monde, j’ai préféré en rester là. En plus de ce que Michel Onfray a eu l’intelligence d’énoncer, nous sommes beaucoup trop nombreux de par le monde, et quand le fameux 1%, lui, ne cesse de se gaver toujours et encore, le reste de planète (et surtout les pays en souffrance) n’a pour seule richesse : faire des enfants et je suis toujours horrifiée et choquée de voir tant de bambins subir les erreurs des adultes; sans oublier que ces innocents sont les premières victimes de leurs agissements (surtout en ce moment où la guerre ne cesse de sévir). Nos ressources naturelles s’épuisent, les espèces animales, elles aussi, la pollution rajoute sa pierre à l’édifice, et un jour (dans un temps relativement court) il n’y en aura plus assez pour nourrir notre chère planète bleue, alors oui, il est plus que temps que l’homme cesse de se reproduire. Certains(es) personnes ont (sûrement) pensé que Michel Onfray ne devait par aimer les enfants; à la lecture de ses propos, c’est bien l’amour qui prédomine et le choix ne pas leur « offrir » ce monde de misère où les plus vils ont définitivement élu domicile. Très bonne fin de soirée Samuel 🙂

  • Salut Mina!
    Oui Onfray ne parle même pas du problème de surpopulation… J’avais entendu dans un reportage, que si chaque habitant de la planète vivait sur le même train de vie que nous français, il faudrait 6 planètes… On va droit dans le mur, les économistes (et les politiques..) voudraient une croissance infinie quand les ressources de notre belle Terre sont tout à fait finies et limitées, ça n’a pas de sens.
    Alors oui une décroissance comme celle dont parle Pierre Rabhi (https://www.colibris-lemouvement.org/colibris/pierre-rabhi , Je vais faire un article sur lui un de ces quatre, c’est sûr, CF la géniale parabole du colibri!), une écologie au centre de la politique!
    Bise, Sam.

    • Merci Samuel pour avoir parler de Monsieur Pierre Rahbi que je ne connaissais pas mais que j’ai découvert lors d’une interview chez Frédérique Taddéi « Ce soir (ou jamais) » et que dire sur un homme aussi admirable, les superlatifs manquent ! Nos soi-disant têtes pensantes (influentes) devraient être à l’écoute de ces grands sages (peu nombreux) malheureusement tout est tablé sur le profit encore et toujours. Il va falloir que je lise son livre « Manifeste pour la terre et l’humanisme » et sûrement en poster un billet dans mon blog. A très bientôt Sam et bonne fin de soirée 🙂

        • Merci Sam pour tous ces liens (une nvelle fois), dès que je me suis plongée dans son bouquin, je viendrais t’en donner mon ressenti + le partage dans mon blog, je pense que (malheureusement)peu de personnes le connaisse (ou pas) réellement alors, pourquoi pas au travers d’un simple blog de cinéma (qui ne se prend pas au sérieux) donner l’envie à certains(es) d’ouvrir son esprit à quelque chose de plus profond, de plus clairvoyant. on nous abreuve à l’écoeurement d’imbécillités littéraires journalistiques (incluant ses torchons de magazines people) télévisuelles, politiciennes, y compris d’imbécillités cinématographiques, toujours plus grandissantes (à mon grand désespoir, étant depuis toute petite une passionnée du 7ème Art) une « parenthèse » (et une clairvoyance) telle que celle de Monsieur Rahbi ne peut que nous enrichir, nous interpeller, mais encore faut-il le vouloir; mais qui sait, grâce à ton blog (ainsi que ta gentillesse, tes réflexions et ton attention) et des êtres comme Pierre Rabhi, je me dis que, peut-être, oui peut-être l’homme n’est pas une cause perdue « L’ESPOIR FAIT VIVRE, L’ATTENTE FAIT MOURIR ». Bonne après-midi Sam 🙂

  • Oui, merci à toi, nous sommes des passeurs, même à notre petit niveau. Comme dit un proverbe indien « Tout ce qui n’est pas donné est perdu », alors partageons !:)

    • Bonsoir Samuel, étant en vacances depuis trois semaines, j’ai un peu déserté mon blog malgré quelques petits articles que j’ai posté. La reprise est pour demain (dur, dur) et je voulais te dire que j’avais acheté le livre de Monsieur Rabhi; je me suis plongée dans son enrichissant témoignage. Dès la fin de ma lecture, je posterai un billet dans mon blog et je viendrai te faire part de mon avis mais comme tu t’en doutes, il sera excellent; d’ailleurs, je ne vois pas comment on pourrait critiquer un tel homme et une telle sagesse. Douce nuit et très bonne semaine Samuel, à très vite 🙂

      • Salut Mina,
        j’ai pensé à toi et à Pierre Rabhi en écoutant l’ émission « Sur les Docks » ce soir (24/09), aussi horrifiante qu’édifiante, , qui portait sur l’usage des pesticides par les paysans depuis les années 50, et les maladies contractées par ceux-ci(Parkinson, cancer etc..), à écouter ici : http://www.franceculture.fr/emission-sur-les-docks-les-paysans-malades-des-pesticides-2014-09-24 !
        Bonne soirée et à te relire

        • Bonsoir Samuel, je suis allée sur le lien que tu as gentiment mis, une horreur : c’est le premier mot qui me vient et ensuite effarant; déjà j’avais petit-à-petit éliminé la viande (elle aussi empoisonnée et je ne supporte pas la souffrance des animaux) et maintenant les légumes et les fruits, bien que j’en savais déjà un peu; c’est effrayant, l’humain s’auto-détruit doucement et sûrement (sans parler de tous les conflits actuels, effrayants eux-aussi) il ne faut même pas s’étonner de voir autant de pauvres personnes (de plus en plus d’ailleurs) atteintes de toutes sortes de cancers. C’est très difficile voire impossible de garder un certain optimisme face à tout ceci. Je n’ai pas encore fini ma lecture mais Pierre Rabhi reste l’un des derniers grands sages à nous mettre en garde. On va dans le mur et bien comme il faut. Triste, vraiment triste. Merci encore Samuel à très bientôt 🙂

    • Pour la proposition antinataliste, elle se place du point de vue de l’enfant, non pas du parent. Il n’est pas dit qu’être parent ne soit pas un grand bonheur. Il est dit que faire venir quelqu’un à la vie ici bas mérite sérieusement d’y réfléchir à deux fois.
      Faire des enfants est bien vu socialement et encouragé par la société, j’ai envie de dire que c’est tout bénef, l’Amour, le sentiment d’appartenir à quelque chose de plus grand que soi, et tout ce qui vient avec le fait de faire un enfant.
      Mais Onfray se place du point de vue de l’enfant, car au final c’est lui qui aura à vivre, chose qu’il n’a pas demandé, et pour cause…
      Cela sous-entend que naître dans le monde tel qu’il est est une abomination, c’est une vision tragique de l’existence (tragique au sens Nietzschéen du terme, soit réaliste), et pourtant je ne crois pas que Onfray soit malheureux, loin de là, son fabuleux hédonisme inspiré d’un Démocrite le sauve, seulement il essaye de décrire le réel tel qu’il est! Après on peut souscrire ou non à sa vision de la Vie et du Monde, de l’Humanité en particulier… 🙂
      je re-cite Onfray car je trouve que cette phrase ramasse à elle seule toute la substantifique moelle de la pensée antinataliste :

      Est-elle si extraordinaire, joyeuse, heureuse, ludique, désirable, facile la vie qu’on en fasse cadeau à des petits d’homme ? Faut-il aimer l’entropie, la souffrance, la douleur, la mort qu’on offre tout de même ce tragique paquet-cadeau ontologique ?

  • Ce qui me gêne, c’est le postulat de base : la vie ne vaut pas la peine d’être vécue. Tragique, mais aussi joyeuse parfois! Abomination? le mot est fort, mais soit. ET ludique, désirable, enchanteresse aussi! Difficile, certes toujours, mais aussi magique et belle, tout simplement, parce que nous avons accès à la Beauté. Qui peut dire au nom de l’autre que tout cela ne vaut pas le coup? Et si je répondais à Onfray que la mienne, je l’aurais choisie, exactement telle qu’elle est? Qu’à-t-il à repondre? Que je n’ai pas toute ma tête?? Et qu’il demande à ma fille si elle aurait préféré ne pas vivre, elle va lui mettre la tête au carré, ça sera pas long ; et avec son sens de la rhétorique, je suis pas sûr qu’il s’en sorte!!!
    Quand au fait que nous n’ayons pas choisi de vivre… hum hum. Mais bon, tout est question d’éclairage!

  • Tu te trompes sur le postulat, la vie d’ogre que mène Onfray, sa vie rabelaisienne montre à quel point il aime la vie, son élan vital dirait Bergson, la Vie qui veut la Vie en lui dirait Nietzsche. Le postulat est que, d’abord, on peut donner la vie mais l’on est pas TENU de la donner. Nous ne sommes pas (que) des animaux. Ensuite donner la vie est un acte extrêmement important, et on devrait vraiment y réfléchir, peser cette décision. Dans une de ses conférences il plaisantait en disant qu’il faut un permis pour conduire un scooter mais que tout le monde peut donner la vie sur un coup de queue, heu de tête aprdon. Le postulat est que pour lui la vie est un cadeau empoisonné, et que c’est justement parce-qu’il aime les enfants qu’il ne veut pas en faire. Compte tenu de ce que cela implique.
    Après c’est son expérience de la vie et surtout des hommes, de leur vilenie, qui le fait penser comme cela.
    C’est une réponse à l’injonction nataliste de la société qui montre du doigt les gens qui n’ont pas d’enfant, volontairement ou non.
    Onfray parle de sa vision. Sa Weltanschauung pour employer un gros mot: « terme allemand désignant la conception du monde de chacun selon sa sensibilité particulière ».
    Ce n’est pas de la rhétorique ni du sophisme, c’est une position ontologique et philosophique. Que je partage, ne vous en déplaise mon amie! 😉

    PS : pour résumer, Onfray vénère la Vie, le Cosmos, ce sont les hommes qu’il a l’élégance de vouloir faire éviter à un autre…

  • On n’est pas TENU, en effet, de donner la vie, mais du moins est-on LIBRE de la donner… Et encore heureux!
    Mener une vie d’ogre n’a rien à voir avec aimer la vie, selon moi. Un ascète peut l’aimer tout autant qu’un Gargantua!

  • Bien sûr c’est une thèse personnelle, pas une proposition politique.

    Quoi que… Sachant que les scientifiques ont déterminé qu’il faudrait maximum 2 à 3 milliard d’humains sur Terre pour qu’ils vivent tous au dessus du seuil de pauvreté. Là on est juste le triple avec des inégalités incroyables et toujours croissantes entre le Nord et le Sud, entre les riches et les pauvres du Nord et du Sud.

    Pour être exact, Onfray mène une vie d’hédoniste, dans un savant calcul des plaisirs et des déplaisirs qu’il cause à lui et à autrui, l’idée étant de se procurer et de procurer le plus des premiers et le moins possible des deuxièmes.
    Onfray dit que la proposition hédoniste se résume le mieux dans cette phrase de Nicolas de Chamfort : « Jouis et fais jouir, sans faire de mal ni à toi ni à personne, voilà, je crois, toute la morale. »

    Bon tu remarqueras que je défends beaucoup Onfray, je me considère clairement comme un de ses milliers de fils spirituels, comme quoi on peut enfanter par bien des moyens! 😉

  • Bonsoir Samuel, je suis venue pour te souhaiter une très bonne année 2015 et pour te remercier pour Monsieur Rabhi dont j’ai fini la lecture de son merveilleux livre. Bien que mon blog s’attache à ma grande passion Le Cinéma, Monsieur Rabhi mérite sa place et j’espère, au travers d’un prochain billet, le faire découvrir à tous et celles qui ne le connaissent pas encore. Bonne fin de soirée

  • Salut Mina! Je te remercie, une belle année 2015 à toi aussi, pleines de découvertes, et de partage de ces découvertes. Ravi de t’avoir fait connaître Pierre Rabhi, ce grand monsieur.
    Bisous

    • Merci bcp Samuel ^^ et c’est toujours un plaisir de te lire 🙂 dés que j’ai posté mon petit billet je t’avertirai. Il nous faut bcp plus de grands Messieurs « magnifiques » humbles et sages comme Pierre Rabhi dans ce monde de brutes, surtout en ces moments assez difficiles. Bonne après-midi Samuel, Bisous.

  • Je suis tombé sur cette page en cherchant la citation de Michel Onfray commençant par « L’éducation n’est pas l’élevage ».

    Je me demande s’il faut une sensibilité particulière pour la comprendre.

    Certaines personnes pensent avec naïveté que leur enfant sera forcément heureux, car il recevra beaucoup d’amour. Elles disent : « je serai toujours là pour lui ». Elles sont sincères.

    Quand on est naïf au point d’oublier qu’on peut mourir d’un instant à l’autre, peut-on comprendre le fait suivant : que son enfant risque d’être malheureux, non pas à cause d’une tragédie, mais à cause de ça : « un silence, une réponse différée, une négligence, un soupir » ?

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